AAP Association Algérienne des Polyarthritiques AAP
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Risques de l’exercice chez les polyarthritiques |
Le repos au lit a pendant longtemps été recommandé dans la prise en charge des polyarthritiques. On pensait que l’exercice exacerbait la douleur et les symptômes en mettant une pression supplémentaire sur les articulations. Ainsi, le mouvement était considéré comme un facteur perpétuant l’inflammation des articulations. Cette approche passive est bénéfique lors de fortes poussées inflammatoires, mais elle s’est avérée insuffisante pendant les périodes de stabilité de la maladie.
Les exercices d’intensité modérée ou élevée n’ont pas d’effet néfaste sur l’activité de la maladie. Au contraire, un effet sur la progression des lésions articulaires notamment radiologiques des petites articulations. Cet effet protecteur pourrait s’expliquer par une régulation négative de l’activité des ostéoclastes, conduisant à une diminution de la résorption osseuse
Il faut cependant interpréter ces résultats avec prudence car il a également été rapporté que l’exercice accélère la progression des lésions articulaires des grosses articulations (hanches, genoux, épaules) chez des patients avec des lésions radiologiques initiales particulièrement évoluées.
Par ailleurs une activité physique modérée a un éffet bénéfique sur la qualité de vie , la fonction , la douleur et réduit le risque d’ostéopénie de 50 %
On conclusion entraînement régulier de la capacité aérobie et de la force musculaire doit être recommandé aux patients atteints de polyarthrite
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Types d’exercices recommandés dans la polyarthrite |
Le type d`exercice est différent d’un patient à l’autre selon l’âge, les préférences, la motivation, les lésions articulaires et l’activité de la maladie par exemple.
La spécificité et la supervision sont des facteurs importants qui doivent être pris en compte lors de la prescription d’exercice aux patients atteints de polyarthrite,
une amélioration de la capacité aérobie est obtenue à la suite d’une intervention aérobie, mais pas à la suite d’un entraînement de la force musculaire. Inversement, l’accroissement de la force musculaire résulte d’un entraînement de la force musculaire mais pas d’un entraînement aérobie. Il est donc recommander des programmes d’entraînement combinés pour améliorer à la fois la capacité aérobie et la force musculaire.
En ce qui concerne la supervision, le programme supervisé est plus efficace dans l’amélioration de la capacité aérobie que le programme à domicile.
La capacité aérobie devrait être stimulée au moyen d’activités faisant essentiellement intervenir les groupes musculaires importants (marche, vélo, aviron, natation, aquagym, danse) qui n’engendrent pas de chocs importants. La fréquence devrait être de trois à cinq jours par semaine avec une durée progressive de cinq à dix minutes à 30minutes par séance.
Les modes d’entraînement de la force musculaire suggérés sont le circuit training (succession d’exercices de force qui stimule également la capacité aérobie), les exercices avec poids libres ou haltères, les machines de musculation, les élastiques et les exercices isométriques. La fréquence devrait être de deux à trois jours par semaine, avec des séances d’une ou plusieurs séries et un nombre de répétitions progressif de deux à trois répétitions à dix répétitions. L’entraînement de la mobilité est recommandé avant les exercices aérobie ou de force.
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Conclusion |
Parmi les modalités thérapeutiques de la polyarthrite, le repos a progressivement cédé sa place à une approche plus active favorisant l’activité physique des patients. Bien que les dangers potentiels de l’exercice sur l’activité de la maladie et les lésions articulaires soient maintenant presque totalement écartés, bon nombre de rhumatologues se méfient encore de cette approche active. L’encouragement de l’activité physique pourrait être de première importance auprès de certains patients, qui se démarquent probablement selon des facteurs psychologiques et socioculturels. L’activité physique constitue une modalité thérapeutique complémentaire au traitement médicamenteux.